Atelier 4 « Productions artistiques, productions théoriques »

Responsables

Jean Nayrolles et Evelyne Toussaint

Présentation de l'atelier 4

Cet atelier s’inscrit résolument dans la perspective d’une histoire de l’art favorable aux décloisonnements disciplinaires. Les actions conduites (colloques, journées d’étude, publications, partenariats…) ont pour objet l’étude de productions artistiques et de discours accompagnant celles-ci, dans le contexte de leur émergence et dans celui qui constitue les différentes conditions, temporelles, géographiques et théoriques, de leur réception.

Il s’agit donc de mettre en œuvre une approche historiographique, anthropologique et critique, à même de faire émerger les impensés des discours sur la création, c’est-à-dire leurs fondements idéologiques tacites, refoulés, déniés ou simplement oubliés. Ce nécessaire travail de déconstruction des représentations ne peut se mener qu’en rupture avec les visions essentialistes ou naturalistes véhiculées par l’histoire de l’art, en rupture aussi avec les illusions de neutralité politique ou éthique des différents discours sur l’art. Pour autant, nous voudrions rester attentifs aux nouvelles hypothèses et aux nouveaux schémas interprétatifs qui ne peuvent manquer de surgir dans le champ des sciences humaines et sociales.

Mots-clés : productions artistiques et discours ; réception ; approche historiographique, anthropologique et critique ; fondements idéologiques ; déconstruction des représentations

Art contemporain et dynamiques postcoloniales

Responsable : Evelyne Toussaint
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« Art & condition postcoloniale. Sortir du malentendu », 25 mars 2016

Responsables scientifiques : Evelyne Toussaint et Jean Nayrolles, professeurs d’histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès ; Zahia Rahmani, INHA.
 

 Depuis certains textes pionniers (Edward Said, Homi Bhabha, Stuart Hall…), jusqu’à des publications récentes (Achille Mbembe), les postcolonial studies revisitent les concepts d’identité, d’universalité, de déterritorialisation ou d’emprise.

Nombre d’auteurs s’inscrivant dans cette constellation d’écrits se sont intéressés à l’art contemporain tandis qu’artistes, historiens de l’art, conservateurs de musées, commissaires d’expositions, spécialistes de littérature ou anthropologues font pour leur part référence à ce champ théorique. Certains pour s’en réclamer, d’autres pour s’y opposer ou du moins en interroger la pertinence.

Sur quoi sont fondées les divergences ? Quelle est la part des oppositions intellectuelles et politiques, assumées comme telles, et celle du malentendu ? Comment des productions artistiques, littéraires et théoriques actuelles, inscrites dans la transdisciplinarité, attentives aux « minorités », permettent-elles de dépasser les contradictions, ambiguïtés et apories dont on accuse les théories postcoloniales ?

Il s’agit, dans le cadre de cette journée d’étude, de proposer quelques réponses à ces interrogations. 

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Décoloniser le discours, décoloniser l’objet », 20-21 avril 2017

Responsables scientifiques : Evelyne Toussaint et Jean Nayrolles, professeurs d’histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès ; Annabelle Ténèze, directrice des Abattoirs, musée d’art moderne et contemporain de la ville de Toulouse et FRAC Midi-Pyrénées ; Zahia Rahmani, INHA.
 

Ces rencontres constituent le deuxième volet d’un cycle de recherche du département Histoire de l’art et archéologie de l’Université Toulouse Jean Jaurès, initié par la journée d’étude « Art & condition postcoloniale. Sortir du malentendu » qui s’est tenue le 25 avril 2016 dans l’auditorium des Abattoirs à Toulouse.

S’inscrivant dans les travaux de l’atelier « Productions artistiques, productions théoriques », thématique 3 (« CRÉATION – PRODUCTION. Arts, industries, marchés, territoires ») du FRAMESPA, UMR 5136, elles constituent le volet scientifique d’une grande exposition, « Daniel Spoerri : les dadas des deux Daniel », commémorant les 40 ans du Centre Georges Pompidou, conçue autour de la donation de la collection Daniel Cordier, en dépôt aux Abattoirs à Toulouse, réunissant collections « ethnographique » et œuvres d’art moderne et contemporain.

On sait l’emprise des représentations véhiculées par l’hégémonie occidentale sur des concepts et des notions (identité, autochtonie, interculturalité, race, métissage, migrations, cosmopolitisme, frontières…) régissant le discours de nombre de disciplines mais aussi l’arrière-plan de la production artistique. Des théoriciens, des professionnels des musées et des artistes ont cependant entrepris, depuis le début du XXe siècle, de réfléchir aux différentes voies de déconstruction des discours et des images, prenant part aux débats, à la réflexion critique et aux engagements de leur temps.  

À quels outils peut-on aujourd’hui faire appel, et pour soutenir quelles positions épistémologiques, historiographiques et artistiques ? Quelle-est, notamment, la place des études culturelles, subalternes et postcoloniales ? Quels sont les concepts émergents permettant de penser la contemporanéité et d’envisager l’avenir ? Pour quelles actions partagées ?

Des chercheurs, issus de divers champs disciplinaires (histoire de l’art, philosophie, psychanalyse), ont accepté de participer à cet exercice de déconstruction des discours et des images, sous un angle historiographique mais aussi dans son actualité et ses perspectives.  

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Du « populaire » dans l’art : culture, objets, discours.

Responsable : Brigitte Aubry

Journée d’étude : Du « populaire » dans l’art : culture, objets, discours.

Premier volet d’une réflexion sur la notion de « populaire » dans les productions artistiques et théoriques des XXe-XXIe siècles visant à en étudier, d’une part, les objets et les discours, d’autre part, la place dans l’art, dans une perspective historiographique et suivant une approche méthodologique qui tienne compte de l’apport des cultural studies – tant cette thématique engage philosophiquement et sociologiquement.

Depuis le début du siècle dernier avec le cubisme, et plus encore les années 1950, l’art s’est nourri et ressourcé de références « autres » – images et objets, voire pratiques – en rupture avec une culture « beaux-arts », et avec l’art des musées (cf. Autour du nouveau réalisme, et Daniel Spoerri. Les Dadas des deux Daniel, jusqu’au 3.09.2017, Les Abattoirs). Le terrain des relations nouées entre des formes de création considérées comme dévaluées et d’autres tenues pour proprement artistiques est balisé mais problématique et s’articule autour de clivages auxquels il ne se réduit pas : arts majeurs/arts mineurs, avant-garde/kitsch, high art /low art, pour reprendre les termes anglais de l’exposition du MoMA (High and Low : Modern art and Popular Culture) qui, la première, tenta d’envisager l’histoire de ces rapports. C’était en 1990, suivant une démarche en un parallèle édifiant avec la précédente exposition (Primitivism in Twentieth Century Art :  Affinity of the Tribal and the Modern, 1984) qui a popularisé le terme « primitivisme » et ce qu’il véhicule en matière de jugement, rapports de domination, hiérarchie. 

Le popular serait le « tribal » occidental – le « primitif des sociétés modernes issu des révolutions scientifiques et industrielles » (P. Dagen). Les questions subsistent, les confusions aussi. Peut-on parler d’esthétique populaire ? Qu’en a-t-il été du passage du pluriel d’un art et d’une culture populaires au singulier du « nouvel art populaire » (de masse) ? Quid du « précaire » et de ses figures (Anna Dezeuze), des « arts modestes » et de leurs territoires définis par l’artiste Hervé Di Rosa ? L’on s’interrogera sur les processus à l’œuvre et les hiérarchies nouvelles qui les sous-tendent (cf. Les Mondes inversés. Culture populaire et art contemporain, BPS22, Charleroi, 2015) ; sur ce qui a été « refoulé » et qui pourrait faire retour dans l’art contemporain (cf. Pré-Capital. Formes populaires et rurales dans l’art contemporain, La Panacée, Montpellier, 2017), dans un contexte mondialisé et à l’ère de l’information continue et des technologies de l’image, lesquelles sont parallèlement appréhendées par nombre d’artistes (cf. Suspended Animation. A corps perdu dans l’espace numérique, présentée aux Abattoirs à partir du 24 juin 2017).

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