Membre permanent

Evelyne SANCHEZ

Chercheur au CNRS, section 33.

Coordonnées

Corps

Chargée de recherches CNRS

Discipline(s) enseignée(s)

Histoire des Amériques

Thèmes de recherche

"Circulations atlantiques, modernité et révolution. Les recompositions des pouvoirs locaux dans les communautés villageoises du Mexique central, 1780-1940". La révolution mexicaine a longtemps été perçue comme le résultat des tensions entre une grande propriété - source du retard des campagnes et en même temps secteur privilégié par l’Etat – et les communautés villageoises, indigènes et métisses, dont l’identité était menacée par les constantes attaques contre leurs propriétés collectives. Ce projet questionne le fondement de cette historiographie traditionnelle en s’insérant dans la continuité des dernières recherches entreprises sur le sujet et en s’appuyant sur une démarche de microhistoire. Celle.ci est développée dans un espace clef du Mexique central, la vallée de Puebla-Tlaxcala, centre névralgique de la modernisation du pays menée en grande partie par des hacendados espagnols et français récemment installés dans le pays. Ce fut en effet dans cette région qu’éclatèrent les tous premiers mouvements insurrectionnels de ce qui allait devenir une révolution. L’apport de l’historiographie récente porte sur 3 domaines. Le premier aborde la question de la modernisation de la grande propriété au moyen de l’importation de nouvelles techniques, soutenue à la fois par les acteurs privés et par l’Etat. Désigner l’hacienda comme cause du retard des campagnes au XIXe siècle serait donc erroné mais les études actuelles n’en tirent encore aucune conséquence sur l’interprétation de la révolution. Le second domaine de rénovation historiographique concerne le profil des hacendados qui semble s’être largement complexifié au cours du XIXe siècle avec l’intégration parfois massive des classes moyennes. Enfin, la prise en compte récente de l’existence croissante d’une micropropriété privée permet également de montrer que les rapports de pouvoir dans les campagnes mexicaines à la veille de la révolution étaient beaucoup moins simples que ce que l’historiographie traditionnelle prétendait. A partir de cet état des lieux, nous avons défini quatre pistes de recherche. La première porte sur l’analyse de l’impact de la modernisation des haciendas sur les relations de travail en leur sein et sur les relations entre haciendas et communautés villageoises. L’on peut poser sur cette base l’hypothèse que les alliances observées pendant la révolution entre paysans et ouvriers étaient le résultat d’une identification de leurs intérêts résultant de relations de travail désormais semblables dans les fabriques et les unités de production agricole. La seconde piste propose d’évaluer l’impact de la disparition des communautés indigènes en tant que catégorie juridique en 1856. De nouvelles ressources devaient donc être mobilisées et permettre, pour la défense des intérêts collectifs, de réaffirmer l’identité communautaire que le nouveau système juridique refusait désormais de reconnaître. Ces stratégies d’adaptation supposaient l’usage de ressources culturelles, troisième axe de recherche, qui permettaient aux paysans de réussir l’adéquation de leur discours aux attentes de leurs interlocuteurs. Les conseillers juridiques locaux jouaient à cet égard un rôle de médiation indispensable et pourtant jamais encore étudié, tout comme celui des ambassades et consulats des hacendados européens dans le règlement des conflits locaux. Nous entendons donc ici l’histoire culturelle comme celle d’une « culture pragmatique » qu’il est possible de reconstruire à partir de l’analyse des actions et de sa construction sociale. Enfin, dernière piste de recherche, les tensions entre identités collective et individuelle, résultat en partie de l’importance de la micropropriété dans les relations de pouvoirs entre hacendados et paysans, posent la question des forces centrifuges qui tendaient à affaiblir les communautés à la veille de la révolution. Les sources précisément identifiées pour la réalisation de ce projet - notariales, judicaires, municipales, etc. – privilégient l’analyse de conflits. Elles permettent de procéder au jeu d’échelles nécessaire en microhistoire ainsi qu’une alternance entre reconstruction régionale et suivi de parcours individuels. Ce projet questionne le fondement de l’historiographie traditionnelle sur la révolution mexicaine en s’insérant dans la continuité des dernières recherches et en s’appuyant sur une démarche de microhistoire. Celle-ci est développée dans un espace clef du Mexique central, la vallée de Puebla-Tlaxcala, centre de la modernisation du pays menée par des hacendados espagnols et français récemment installés dans le pays. Nous avons défini 4 pistes de recherche : l’analyse de l’impact de la modernisation des haciendas sur les relations de travail en leur sein et sur les relations entre haciendas et communautés ; les conséquences de la disparition des communautés indigènes en tant que catégorie juridique en 1856 ; les ressources culturelles mobilisées pour s’adapter à ces changements ; les tensions entre identités collective et individuelle, résultat en partie de l’importance de la micropropriété dans les relations de pouvoirs entre hacendados et paysans, posent la question des forces centrifuges qui affaiblissaient les communautés.

Activités / CV

Doctorat d'Histoire, Université de Toulouse le Mirail, thèse soutenue en juin 2000.
Post-doctorat à L'Université Autonome de Puebla en 2000.
Enseignant chercheur de El Colegio de Tlaxcala de janvier à décembre 2007.
Enseignant chercheur à la BUAP (Université Autonome de Puebla, Mexique) de janvier 2008 à août 2013.
Membre du Sistema Nacional de Investigadores de 2008 à 2013.
Chercheur au CNRS, section 33 depuis le 1er octubre 2013, laboratoire FRAMESPA.

Publications extraites de HAL