Atelier sur l’histoire des émotions

Publié le 13 février 2019 Mis à jour le 13 février 2019
le 16 avril 2019

La première séance aura lieu le 19 février, suivie de quatre autres ateliers qui se tiendront respectivement les 26 mars, 16 avril, 14 mai et 11 juin.

Nous sommes quatre doctorants intéressés par l’histoire des émotions, mobilisée dans le cadre de nos travaux et recherches respectifs. Nicolas Cambon s’intéresse en effet à la construction des savoirs sur l’anthropophagie et la place de l’émotion dans l’élaboration de ces discours savants aux XVIIIe et XIXe siècles. Eléna Guillemard, par l’étude des femmes dans les couvents catholiques lors de la Réforme protestante, tente de comprendre les réactions émotionnelles face à ce bouleversement religieux. Maïté Recasens, au travers d’un travail sur les commémorations des guerres de religion dans l’espace urbain, interroge les liens entre mémoire, émotions et histoire. Enfin, Guillaume Débat réfléchit aux liens entre émotions et spectacle de la mort publique dans le contexte de la France révolutionnaire.

Par ailleurs, la question des émotions est au cœur d’un renouveau historiographique important. Citons à ce propos les travaux éclairants des médiévistes Barbara Rosenwein, Damien Boquet mais aussi la récente trilogie sur l’histoire des émotions codirigée par Georges Vigarello, Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine.

Les ateliers mensuels, concrètement, s’adresseront aux jeunes chercheuses et chercheurs, du master au doctorat, ainsi qu'aux docteur.e.s plus expérimenté.e.s. Ces rencontres seront un temps d'échange où les participant.e.s mettront en regard les approches, méthodes et concepts que les SHS ont proposés avec les sources qu’ils et elles étudient respectivement. Nous sommes en effet nombreux et nombreuses à rencontrer les émotions (sans toujours savoir comment nous en saisir) au cours de nos recherches respectives.

Suivant le thème de la séance, chacune et chacun pourra donc échanger sur les outils mis à notre disposition par l’historiographie des émotions, mais aussi sur les obstacles et les questions que ceux-ci peuvent susciter. Il s’agira alors, très concrètement, de réfléchir sur la manière pratique de se saisir de cet objet d’étude. Ces ateliers s’adressent prioritairement à des historien.ne.s mais sont ouverts à tous les chercheurs et chercheuses en sciences sociales.

En outre, les ateliers pourront donner lieu, d’une part, à la tenue d’un carnet Hypothèses afin de conférer une plus grande ampleur aux différentes participations, le tout appuyé par une diffusion via les réseaux sociaux. D’autre part, la mise en place d’une bibliographie collective, participative et numérique est également l’un des objectifs, à terme, de ces ateliers. L’expérience du projet ZôToulouse, auquel certains des membres organisateurs de l’atelier ont participé, serait à ce propos tout à fait bénéfique.