Appel à communications : les stations thermales secondaires en France aux XIXe et XXe siècles. Une autre histoire du thermalisme ?

Publié le 19 septembre 2019 Mis à jour le 19 septembre 2019
du 19 septembre 2019 au 10 janvier 2020
Les travaux fondateurs de la recherche scientifique sur le phénomène thermal, pourtant marquant dans l’histoire de la société contemporaine, n’ont vraiment été réalisés qu’à partir des années 1980. Dans une moindre mesure que pour les stations balnéaires, ils se sont progressivement développés dans les années 1990 et 2000, donnant lieu à des publications majeures. Pour l’ensemble de cette production, force est de constater que le phénomène est majoritairement abordé à partir de l’étude des stations de montagne les plus anciennes et souvent aussi les plus fréquentées, dans les Pyrénées comme dans les autres massifs français. Ces monographies donnent une approche du thermalisme dont on peut se demander légitimement si elle correspond aux stations de moindre importance, qui demeurent peu étudiées.
 
Cette journée d’étude a pour ambition de réhabiliter ces stations plus modestes et de mettre au jour leur histoire économique, sociale et architecturale. Par ce biais, elle vise à affiner les connaissances du phénomène thermal et de son développement, et à éclairer la variété des modèles et des formes de thermalisme. À quel moment sont-elles créées ? Pourquoi n’ont-elles pas connu le succès ? Qui sont les propriétaires des établissements ? Comment financent-ils la création des infrastructures thermales ? Quel rôle ont joué les pouvoirs publics dans leur développement ? On peut également se demander si ces stations, par leur grand nombre, ne remettent pas en cause la chronologie généralement admise qui voit succéder au thermalisme mondain du XIXe siècle, le thermalisme social du XXe siècle. Quels publics ont-elles permis d’accueillir ? Quelles stratégies ont été mises en œuvre pour attirer, préserver, exclure certaines clientèles ? En excluant les plus pauvres, ces stations modestes ne se sont-elles pas coupées d’un public local, certes populaire mais captif, et finalement plus profitable qu’on ne pourrait le penser ? Ces stations, enfin, ne sont-elles pas le lieu d’un premier tourisme et thermalisme « sociaux », bien avant le XXe siècle ?
Cette journée doit aussi permettre de déterminer s’il existe un modèle architectural propre à cette catégorie de stations thermales, d’identifier quels étaient leurs équipements, et enfin, de mesurer l’impact qu’elles ont pu avoir sur l’épanouissement de leur territoire, notamment dans les domaines urbain et touristique.