Appel à communication Colloque international du programme ACA-RES

Publié le 16 mai 2019 Mis à jour le 16 mai 2019
le 16 mai 2019

Le présent colloque résulte de trois années de recherche conduites par le programme ACA-RES sur Les académies d’art et leurs réseaux dans la France préindustrielle (https://acares.hypotheses.org/). Il entend aussi ouvrir de nouvelles perspectives dans l’optique d’une extension de ses travaux et de ses collaborations.

Depuis 2016 le programme ACA-RES a réinvesti à l’aune de la problématique des réseaux un champ de recherche déjà abordé par les historiens de l’art et les historiens : celui des académies d’art et des écoles de dessin présentes dans les provinces françaises entre 1740 et le début du XIXe siècle. Considérant cette cinquantaine d’institutions pédagogiques autant comme l’expression d’une culture de ville que comme le nœud d’un ensemble de liens où hommes, objets et savoirs circulent à diverses échelles, l’ambition était de questionner le rôle de ces établissements dans la société des Lumières, au niveau des provinces comme dans le jeu des mobilités européennes voire mondiales.

Trois journées d’étude, dont les actes sont en libre accès sur la page Hypothèses du programme, ont permis de faire avancer la réflexion suivant trois axes : les circonstances et les modalités humaines, sociales et juridiques de la fondation des académies d’art et des écoles de dessin ; la prévalence des phénomènes de mobilités, par le biais des voyages, des migrations, des correspondances et des envois d’œuvres artistiques et littéraires ; le caractère souvent pluridisciplinaire des assemblées et des enseignements, situant la production artistique provinciale dans une optique d’utilité et d’application où beaux-arts, arts manufacturés, sciences et belles-lettres se stimulent entre eux. La collaboration installée avec des chercheurs en sociologie et dans le domaine des humanités numériques a structuré et enrichi ces orientations. L’autre enjeu du programme était de confronter la réalité de notre objet d’étude aux nouvelles façons de faire de la recherche. Dans la dynamique d’une science ouverte, l’objectif d’ACA-RES est d’offrir à la communauté scientifique le maximum des données et de résultats de la recherche : archives numérisées, bibliothèque numérique, bibliographie Zotero, brefs historiques et articles inédits en ligne, base de données relationnelles, exposition virtuelle, etc. L’ensemble de cette matière, disponible à l’adresse Internet https://acares.hypotheses.org/, peut être utilisé par les chercheurs pour nourrir leur proposition de communication.

Dégagé d’une volonté de « réhabilitation » ou de toute logique « identitaire », conscient de la nécessité d’alterner micro-histoire et macro-histoire, nous invitons à travers ce colloque à repenser le rôle des académies provinciales dans l’administration et la pensée des arts au XVIIIe siècle. Dans quelle mesure les carrières artistiques en dépendent-elles, en termes de compétences et/ou de réputation ? Qu’est-ce que l’art, en tant que domaine épistémologique, gagne-t-il à s’exercer et à se penser en ces lieux ? Entre organisation institutionnelle, expérience de sociabilités et vecteurs de savoirs théoriques et pratiques, quelle place tiennent ces établissements en marge ou en parrainage fécond avec les académies des capitales ? Comment interagissent-elles entre elles et avec d’autres aires géographiques, d’autres cercles de sociabilités (salons littéraires, cercles maçonniques, sociétés d’agriculture) ? Au fond, il s’agit d’interroger les académies d’art et les écoles de dessin comme vecteur sensible des réseaux de diffusion et de circulation des savoirs artistiques et culturels en Europe, sans omettre l’hypothèse d’une application simplement honorifique. Si les grandes académies des capitales européennes – objets d’étude davantage traités par la bibliographie – pourront être évoquées, elles le devront uniquement du point de vue de leurs relations avec les académies provinciales.

 

Les propositions de communication sont attendues autour de quatre axes :

- un premier axe sera consacré à des approches transversales permettant de réinvestir des études de cas, sur le thème par exemple de l’enseignement réservé à l’architecture, à la sculpture, etc. ; sur le rapport des beaux-arts avec les arts manufacturés ; sur le lien que les arts entretiennent avec les belles-lettres ou les sciences ; sur la place des femmes dans les académies de province, celle des membres associés ; sur les échanges entre « grandes » académies des capitales européennes et établissements de moindre importance en province, etc. ; sur les circulations de modèles et de supports pédagogiques entre divers établissements.

- un deuxième axe reviendra sur des études de cas marquantes, qu’il s’agisse d’établissements phares qui se sont démarqués dans le maillage des institutions provinciales, ou bien sur des personnalités qui se sont distinguées. Ces acteurs peuvent tout autant être des artistes, portés à la tête d’un établissement, qu’un membre affilié dans plusieurs académies au gré d’une itinérance, ou encore un amateur dont l’action pour l’académie a eu un impact retentissant dans son histoire. Il s’agira, non pas de tracer la biographie d’un individu, mais de saisir son action dans les jeux de rapport de forces et d’influences parmi ses contemporains, d’insister sur ses liens avec ses pairs, etc.

- un troisième axe, alternant vue de détail et vue comparatiste, mettra l’accent sur des cas et des situations moins explorées au cours de ces trois années, mais qui connaîtront un développement dans la suite de nos travaux. Un axe vers les échanges internationaux sera particulièrement souligné : l’Espagne, le Portugal, les États italiens, les pays germaniques, les colonies transatlantiques, etc. Le contrepoint avec les périodes du XVIIe siècle et les périodes postérieures, du XIXe siècle à nos jours seront tout autant les bienvenues.

- une quatrième piste touchera aux questions d’ordre méthodologique, en lien avec les nouvelles avancées de la recherche en histoire de l’art. Chaque axe pourra donner lieu à une communication sur les outils et les moyens actuels d’investigation et de traitement des données. Des programmes de recherche ayant travaillé sur l’édition numérique des sources premières, la constitution de bases de données relationnelles, la création d’exposition virtuelle, ou bien des chercheurs ayant un fonds à valoriser parmi les ressources d’ACA-RES (corpus de textes et d’images, numérisation d’archives, etc.), sont invités à intervenir.

 

Calendrier

Remise des propositions de communication sur une page, une page et demie maximum, comprenant le titre, le résumé de la communication et la présentation bio-bibliographique de l’intervenant : 6 septembre 2019 au plus tard à l’adresse programme.acares@gmail.com

Réponse du comité scientifique : mi-octobre 2019.

Tenue du colloque : 26-28 mars 2020 à l’INHA.

 

Comité d’organisation

Anne Perrin Khelissa, Émilie Roffidal, Laboratoire Framespa UMR 5136 CNRS, Université Toulouse-Jean Jaurès, avec la collaboration de Markus Castor, Centre allemand d’histoire de l’art, Paris.

Publication

Le colloque donnera lieu à la publication d’un ouvrage collectif. Cette seconde étape du travail fera l’objet d’une nouvelle expertise et sélection de la part du comité scientifique.

Rendu des textes : fin août 2020.

 

Comité scientifique

Nicolas ADELL, maître de conférence en anthropologie, UMR 5193, LISST, UT2J ; Sylvain AMIC, conservateur en chef, Musée des beaux-arts de Rouen ; Martine AZAM, maître de conférence en sociologie, UMR 5193, LISST, UT2J ; Basile BAUDEZ, maître de conférence en histoire de l’art moderne, Princeton University ; Pascal BERTRAND, professeur d’histoire de l’art moderne, EA 538, Centre François-Georges Pariset, Bordeaux-Montaigne ; Olivier BONFAIT, professeur d’histoire de l’art moderne, UMR 7366, Centre Georges Chevrier, Dijon ; Charlotte GUICHARD, chargée de recherche CNRS, ENS ; Michel GROSSETTI, directeur de recherche CNRS, UMR 5193, LISST, UT2J ; Michèle-Caroline HECK, professeur d’histoire de l’art moderne, EA 4424, CRISES, Montpellier 3 ; Nathalie HEINICH, directeur de recherche CNRS, UMR 8566, CRAL ; Pascal JULIEN, professeur d’histoire de l’art moderne, UMR 5136, FRAMESPA, UT2J ; Thomas KIRCHNER, directeur du Centre allemand d’histoire de l’art, Paris ; Gaëtane MAËS, maître de conférence HDR en histoire de l’art moderne, UMR 8529, IRHIS, Université de Lille ; Véronique MEYER, professeur d’histoire de l’art moderne, Université de Poitiers ; Christian MICHEL, professeur d’histoire de l’art moderne, UNIL, Lausanne ; Lesley MILLER, conservateur, Victoria & Albert Museum, professeur "Dress and Textiles History", University of Glasgow ; Olivier RAVEUX, chargé de recherche CNRS, UMR 7303, TELEMME, Aix-Marseille 1 ; Martine REGOURD, professeur en sciences de l’information et de la communication, EA 785, IDETCOM, UT1 Capitole ; Daniel ROCHE, professeur, Collège de France.