Soutenance de thèse d'Annelise Rodrigo : Sauver les plus irremplaçables ? Le refuge canadien par les associations durant la Seconde Guerre mondiale

Publié le 2 septembre 2019 Mis à jour le 2 septembre 2019
le 9 septembre 2019
14h
Bibliothèque d'Etudes Méridionales - 56 rue du Taur - TOULOUSE

Annelise Rodrigo a le grand plaisir d'annoncer sa soutenance de thèse en histoire contemporaine "Sauver les plus irremplaçables ? Le refuge canadien par les associations durant la Seconde Guerre mondiale", dirigée par Patrick Cabanel (EPHE) et Magda Fahrni (Université du Québec à Montréal).

La soutenance se tiendra le lundi 9 septembre à 14h à la Bibliothèque d'Études Méridionales. Elle sera suivie d'un pot de thèse. 
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Résumé :
Cette thèse retrace la mobilisation d’associations canadiennes venant en aide aux réfugiés durant la Seconde Guerre mondiale. L’étude de cette mobilisation collective - le refuge - éclaire la volonté canadienne de secours face aux dangers et persécutions menaçant les réfugiés entre décembre 1938 et octobre 1945.

À partir des sources des deux principaux acteurs du refuge - le Canadian National Committee on Refugees (CNCR) et les comités du Canadian Jewish Congress (CJC) - la thèse propose un regard intermédiaire sur l’assistance et l’accueil canadiens tout au long du conflit, entre histoire de la politique migratoire et étude des mouvements de populations.

En suivant le rythme du refuge, la thèse retrace la structure complexe de la mobilisation collective constituée de plusieurs dizaines d’organisations opposées par des rivalités idéologiques, politiques et territoriales. En tirant les fils de ce « sac de nœuds associatif », l’étude du refuge fait ressortir une catégorisation canadienne du réfugié ne distinguant pas ceux-ci des migrants classiques.

Confrontée au refus gouvernemental d’admettre des réfugiés au Canada, la mobilisation collective ne reste pas isolée du reste de la population canadienne et sollicite son appui pour ouvrir les frontières canadiennes aux personnes persécutées. Le refuge crée alors deux propagandes reflétant sa structure interne, le comité du CJC se consacrant aux récoltes de fonds au sein des communautés juives et le CNCR mettant au point une propagande tournée vers l’opinion publique anglophone et le gouvernement fédéral.

De plus, face à la politique restrictive du gouvernement canadien, le refuge développe à la fois un secours à distance – en participant à l’aide humanitaire établie par des organisations états-uniennes – et détermine une stratégie d’assistance fondée sur la discrétion qui vise à contourner les règles migratoires canadiennes et à préparer l’accueil de potentiels réfugiés.

Soumise aux conséquences des problèmes rencontrés tout au long de la mobilisation collective et objectif même de celle-ci, l’arrivée des réfugiés apparaît alors comme le point culminant du refuge.