Communauté(s), accommodation et violence aux Philippines et dans sa région (16 e -19 e s.)

Publié le 14 octobre 2021 Mis à jour le 17 novembre 2021
du 24 novembre 2021 au 25 novembre 2021
Mercredi 24 de 14h à 18h
Jeudi 25 de 9h30 à 12h30
UT2J, Maison de la Recherche, Salle E323
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Communauté(s), accommodation et violence aux Philippines et dans sa région (16e-19e s.)

Possibilité de suivre la journée d'étude en ligne : 
https://univ-tlse2.zoom.us/j/91006942778?pwd=Wmp5dVFoQklZOEY2VTBuQjMvSE9mdz09
ID de réunion : 910 0694 2778
Code secret : 246618

Date et lieu : 24-25 novembre 2021 – Université Toulouse Jean Jaurès- Framespa, MDR, salle E323
Org. : Thématique 1 “Logiques du commun” du Framespa (UMR 5136) et “Vaincre la distance”, opération “Mondes politiques” du Labex SMS en collaboration avec le CHAM et El Colegio de Michoacán, Red Columnaria
Coord. : Guillaume Gaudin (UT2J-Framespa), Paulina Machuca (El Colegio de Michoacán AC), Miguel Rodrigues Lourenço (CHAM - NOVA FCSH, Lisbonne)

Mercredi, 14h-18h

  • Birgit Tremml-Werner (Linnaeus University), Violencia y mestizaje en la historia de la comunidad japonesa de Manila
  • Miguel Rodrigues Lourenço (CHAM - NOVA FCSH, Lisbonne), Are the Chinese and Japanese Indios? The debate on the limits of inquisitorial jurisdiction in the Philippines
  • Thomas Calvo (El Colegio de Michoacan AC), La invención de un nuevo rey, de Lisboa a Macao (1640-1642)
  • Paulo Jorge de Sousa Pinto (CHAM - NOVA FCSH, Lisbonne), "Crabs and Elephants: a comparative approach to resistance to Iberian dominance in Maluku and the Philippines".
  • Nicolas Cambon (UT2J-Framespa), Échanges et violences dans les premières interactions entre Européens et Fidjiens (Fidji, premier XIXe siècle)

Jeudi, 9h30-12h30

  • Guillaume Gaudin (UT2J-Framespa), Pistes de recherche autour de la révolte et du massacre des Chinois de Manille de 1603
  • Paulina Machuca (El Colegio de Michoacan AC), La sublevación de la Pampanga tras el sismo de 1645
  • Anna Busquets Alemany (Universitat Oberta de Catalunya), Manila tras el alzamiento de los sangleyes de 1662
  • Paola Calanca (École Française d’Extrême-Orient – CCJ, UMR 8173), conclusions


À partir de 1600, Manille est un emporium cosmopolite comme on en trouve d’autres en Asie du Sud‑Est. Les populations locales sont principalement tagalogs et pampangos, mais on trouve aussi des Visayas ou des esclaves aetas et zambales asservis lors d’entradas dans les montagnes. Avec le va-et-vient annuel des jonques du Fujian, la diaspora chinoise s’impose rapidement comme la première communauté à Manille, devant les Japonais. On trouve également des commerçants et des marins arrivés des Moluques, de Brunei, de Malacca, du Siam, du Cambodge ou d’Inde. Des esclaves africains sont déportés depuis l’Amérique espagnole ou l’Inde portugaise ; il y a aussi des esclaves asiatiques du Bengale et d’Inde. Des métis viennent de la Nouvelle-Espagne comme marins ou comme soldats. La proximité avec Macao, les Moluques et Malacca facilite la présence et l’implantation de familles portugaises à Manille. On trouve encore d’autres nations : des Italiens, des Flamands, des Grecs et des Arméniens. Manille est entourée de pueblos de indios qui approvisionnent la ville.

Cette convivencia prend corps dans une organisation sociospatiale et des discours prônant la ségrégation, les discriminations et la xénophobie. L’extraordinaire diversité des habitants et des gens de passage s’est imposée aux Hispaniques, lesquels se retranchent derrière les murailles qui enserrent la ville. Les Sangleyes – nom donné par les Espagnols aux marchands chinois – forment « une foule de Chinois qui afflue confusément et en désordre » selon le gouverneur Francisco Tello de Guzmán (1596-1602). Par ailleurs, plus on avance dans le XVIIe siècle et plus les sources témoignent des métissages et des interactions permanentes entre les différentes communautés à Manille. Les violences et les discriminations ne cessent pas et se manifestent régulièrement dans des soulèvements du Parian.

À Manille et ses alentours, les autorités hispaniques cherchent à appliquer le schéma de séparation des deux républiques espagnole et indienne : les Philippins sont considérés comme « indios », mais les autres communautés, en particulier celle des sangleyes, n’entrent que partiellement dans cette catégorie. La vieille recette de la ségrégation urbaine de l’Espagne médiévale alors réservée aux juifs et aux musulmans s’adapte-t-elle ou se combine-t-elle à Manille avec l’organisation malaise des quartiers « ethniques », les kampongs ? Ou bien s’agit-il d’un modèle hybride apparu à partir des expériences méditerranéenne, américaine et asiatique ? 

Dans ce contexte, il conviendra de réfléchir aux diverses formes d'interactions entre ces groupes sociaux et aux multiples configurations qui ont résulté de cette coexistence. Pour cette raison, ce séminaire propose un dialogue ouvert sur les différentes expériences d’accommodation, de négociation et de violence aux Philippines, mais aussi dans d'autres espaces aux trajectoires comparables comme Macao, les Moluques, Batavia, Malacca, les îles du Pacifique et l’Inde portugaise.