Soutenance de thèse de Mathias Quéré : "Quand nos désirs font désordres". Une histoire du mouvement homosexuel français de 1974 à 1986

Publié le 23 juin 2022 Mis à jour le 23 juin 2022
le 4 juillet 2022
à partir de 14h

Maison de la Recherche, salle D29

Soutenance
Soutenance
Mathias Quéré soutient sa thèse d'histoire : "Quand nos désirs font désordres". Une histoire du mouvement homosexuel français de 1974 à 1986, sous la direction de Sylvie Chaperon, le lundi 4 juillet à 14h dans la salle D29 de la Maison de la Recherche. La soutenance sera suivie d'un pot. 

Résumé : 
Un mouvement homosexuel existe en France de 1974 à 1986. Inscrite dans l’effervescence politique des années 1968, cette histoire débute avec la naissance d’un premier Groupe de libération homosexuelle à Paris. Moins de deux ans plus tard, des groupes se répartissent dans une trentaine de villes et développent un militantisme original, qualifié d'existentiel et de révolutionnaire. A l’image de nombreux mouvements du sujet minoritaire, les militant·es homosexuel·les revendiquent un changement immédiat de leur condition dans une société où la répression légale de l’homosexualité est toujours à l’œuvre. Avec la fin de la décennie, le mouvement, confronté à ses propres contradictions, réoriente sa mobilisation dans une direction réformiste et revendicative. Dans cette perspective, se met en place une nouvelle organisation, le Comité d’urgence anti-répression homosexuelle, coordination de groupes homosexuels et lesbiens, dont l’objectif est de lutter nationalement pour l’abrogation de la législation homophobe. Dans les premières années de la décennie 1980, après l'abrogation des derniers textes de lois réprimant légalement l'homosexualité, la mobilisation se redéploie au niveau local avec la constitution d’un espace de la cause des gais et des lesbiennes. C’est alors un nouveau cycle de l’engagement qui se dessine, cette fois-ci existentiel et réformiste. L’épidémie du sida vient ensuite très rapidement bouleverser un monde et des communautés, qui progressivement basculent dans l’horreur. En s’appuyant sur des sources variées et dans une perspective interdisciplinaire, cette thèse analyse et retrace donc l’histoire du mouvement homosexuel français dans les années 1970 et 1980.

Jury : 
- Sylvie Chaperon, Université Toulouse II Jean Jaurès, directrice de thèse
- Olivier Fillieule, Université de Lausanne, rapporteur
- Julian Jackson, Queen Mary, University of London, examinateur
- Régis Schlagdenhauffen, EHESS, examinateur
- Florence Tamagne, Université de Lille, examinatrice
- Michelle Zancarini-Fournel, Université de Lyon I, rapporteuse