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Appel à contributions : « Empires, nations et Etats-nation » Numéro thématique de la revue Diasporas : circulations, migrations, histoire, numéro 2019/2

du 31 mars 2018 au 31 mai 2018

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coordonné par Susanne Lachenicht (Bayreuth), Mathilde Monge (Toulouse)

Longtemps considéré à l’aune des modèles grecs et juifs, et des revendications que certains groupes portaient pour un Etat-nation aux XIXe et XXe siècles, le rapport entre diasporas et nations – ou d’une diaspora comme une « nation en exil » – a longtemps semblé évident. La prolifération des études diasporiques a fini par rendre ce rapport plus complexe et plus compliqué, au point que, dans le champ des sciences sociales, certains considèrent plutôt la diaspora comme un horizon ou une revendication (R. Brubaker). Pourtant la mise en perspective des époques modernes et contemporaines invite à reconsidérer ce rapport : la « nation » à l’époque moderne était un instrument juridique et institutionnel au service de communautés installées à l’étranger, autant qu’un terme investi d’un contenu « culturel », les deux ne se recouvrant d’ailleurs pas toujours. Pour l’époque moderne, les empires utilisaient des groupes diasporiques, des « nations étrangères », dans le processus d’expansion européenne. Elles devenaient « des agents et des victimes des empires » (J. Israel). Dans le même temps, à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle des diasporas inscrivent leur propre histoire « nationale » comme celle de « nations à part » dans les histoires nationales des Etats-nations, que ce soit en Angleterre, aux Etats-Unis ou en Prusse/Allemagne (B. van Ruymbeke, S. Lachenicht). Enfin, aux XIXe et XXe siècles l’exil des « nationalistes » italiens ou polonais à Paris et à Bruxelles a produit des « nationalismes » internationaux (M. Isabella) et a mis ainsi en avant l’aspect transnational des nationalismes. La nouvelle histoire des empires (P. Judson, F.B. Schenk) s’est aussi interrogée sur la dichotomie entre Etat-nation et empire et s’est demandée si elle était valable.

Les contributions de ce numéro de Diasporas, qui envisage une approche chronologique large (du XVe au XXIe siècle) et globale, permettront de faire dialoguer des champs historiographiques qui ne se croisent que rarement. Elles aborderont de manière privilégiée les questions suivantes : 

  1. Dans quelle mesure les Etats-nation dépendent – eux aussi – de « nations étrangères » ou de diasporas, et dans quelle mesure les Etats-nations sont-ils – eux aussi – des empires – question qui a été beaucoup traitée pour les Etats Unis ou l’Union Soviétique.
  2. Dans quelle mesure peut-on parler, ou non, de diasporas comme des « nations en exil », et est-ce que les diasporas ont été un cadre privilégié pour le développement de « nationalismes » ?
  3. Quel rôle jouent les diasporas dans la formation des Etats-nation aux XIXe et XXe siècles ?
  4. L’articulation de ces questions avec les structures impériales aux époques modernes et contemporaines : l’accueil et l’implantation de diasporas au sein des Empires a-t-elle joué sur les relations (de concurrence, d’identité ou d’inclusion) entre Empires et nations ?

Les propositions (langue française ou anglaise) permettront d’envisager la question dans une perspective comparée et croisée à l’échelle globale. Elles pourront porter sur l’Europe, les Amériques, l’Afrique, l’Asie et l’Australie, pour les périodes modernes et/ou contemporaines.

Les contributions pourront être publiées en français ou en anglais.

Date limite pour les propositions : 31 mai 2018 (titre, 1-2 pages), réponse mi-juin, remise d’une première version des contributions : 30 septembre 2018. Veuillez envoyer votre proposition à susanne.lachenicht@uni-bayreuth.de et mathilde.monge@univ-tlse2.fr.

Les premières versions des contributions seront discutées collectivement lors d’un workshop (en langue anglaise) qui se tiendra à Bayreuth à la fin du mois d’octobre 2018.

La date limite pour la version finale des auteurs sera le 15 janvier 2019.

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Call for contributions « Empires, nations and nation-states”. Special issue of the journal  Diasporas : circulations, migrations, histoire 2019/02 

Edited by Susanne Lachenicht (Bayreuth) and Mathilde Monge (Toulouse)

The relationship between “diasporas” and “nations” (or diasporas as “nations in exile”) has for a long time been thought of along the line with some particular diasporas’ historical experiences. Many, such as the Greek and the Jewish diasporas, claimed for the establishment of their own nation-state, especially during the nineteenth and twentieth centuries. Diaspora studies, however, have made clear that the relationship between “nations” and “diasporas” is more complex and more complicated, to the extent that social scientists such as R. Brubaker have suggested to think about “diasporas” in terms of an aspiration or a claim.

Reconsidering the relationship between “diasporas” and “nations” in an early modern and modern perspective invites us to revise certain common assumptions. Indeed, in the early modern period the “nation” was both a legal and institutional term (providing certain privileges and institutions for those belonging to a “nation abroad”) as much as a “cultural” term: a “nation” shared a common origin, language, history, a culture at large. Many empires – European ones as well as non-Europeans -  “made use” of “nations abroad” or diasporas to populate their colonies. Diasporas became “agents and victims of empire” (J. Israel). With the later eighteenth and the nineteenth centuries, diasporas such as the Huguenots integrated their own histories into the national histories of their hosting societies – in England as much as in the United States or Prussia (later in Germany). From some diasporas’ perspective, they (as “foreign nations” among the hosting nations) had largely contributed to the building of the nation-state; from the e.g. Huguenots’ perspective the respective nation-state owed the French Protestants much of its rise and greatness (B. van Ruymbeke, S. Lachenicht). In the nineteenth and twentieth centuries, the exile of Italian or Polish nationalists in Paris or Brussels brought about international nationalist movements (M. Isabella) – which emphasizes the transnational dimension of nationalism. Finally, the New Imperial History (e.g. P. Judson, F.B. Schenk) has revised the clear dichotomy between nation-state and empires and has further complicated the “transition” from empire (or imperial state) to nation-state.

 The contributions of this special issue are supposed to establish a dialogue between specialists of the early modern and the modern periods who rarely discuss “Empires, nations and nation-states” in a long diachronic and global perspective. We would like to invite contributions on the following questions and themes:

  1. To what extent did and do nation-states depend on “foreign nations” or diasporas for state-building and to what extent are/were nation-states also empires (or imperial states) such as the United States of America and the Soviet Union?
  2. Are diasporas “nations in exile” and are diasporas possible hotbeds for nationalisms?
  3. Which role did diasporas play in the building of nation-states in the eighteenth, nineteenth and twentieth centuries?
  4. If nation-states are not made up of one but of several nations and if nation-states are less different from empires or imperial states than research has suggested so far, what does this mean for the relationship between empires and nations with regard to competition, identities and inclusion?

We invite contributions in English or French drawing on European, American, African, Asian and Australian examples, for the early modern and modern periods.

Deadline for submission of proposals (CV plus paper title and 1-2 pp abstract): 31 May 2018. Contributors will be notified by 15 June 2018. We would expect a first draft paper by 30 September 2018. The final version will be due 15 January 2019.

We are planning a workshop in Bayreuth in late October 2018 to discuss the first drafts (in English).

 



 

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