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A l'étendard ! D'Orléans à Jérusalem, itinéraires d'un hymne johannique


Julie Deramond, Framespa, équipe 9



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« Le beffroi, vieux témoin du siège, le même qui signalait les Mouvements des Anglais, tinte de quart d'heure en quart d'heure. Ses vibrations sonores s'étendent sur la cité ; elles glissent dans les rues étroites et tortueuses du vieil Orléans, pénètrent au fond des demeures, réveillent dans tous les cœurs le souvenir de la délivrance. Bientôt, à son appel, toutes les cloches des paroisses s'ébranlent. Leurs voix de bronze montent dans l'espace ; elles forment un puissant concert, que dominent les notes graves du beffroi et qui impressionne l'âme rêveuse[1] »

 

Les cloches annoncent la cérémonie de l'étendard. Nous sommes au soir du 7 mai à Orléans. Le maire, comme tous les ans depuis 1855, va remettre à l'évêque pour le temps des fêtes le symbole de la geste libératrice de Jeanne d'Arc. Pour accompagner le rituel, un chant s'élève. C'est le cantique A l'étendard, écrit par les abbés Vié[2] et Laurent[3], pour la fête de 1899. Chaque année depuis, le morceau résonne, entonné par les sociétés chantantes et les fanfares  municipales. Depuis lors, A l'étendard connaît un succès ininterrompu et c'est encore l'un des seuls airs johanniques connus[4]. Surtout, pendant les vingt années qui suivent sa création, il change de statut en même temps qu'il suit les méandres d'un itinéraire remarquable. D'abord lié à Orléans, il se désolidarise de sa ville natale pour devenir hymne johannique puis national. Comment peu à peu, en quelques vingt ans, A l'étendard devient-il « une espèce de Marseillaise johannique[5] », selon le mot de M. Berthelot, ancien directeur du Conservatoire d'Orléans, chantée partout, d'Orléans à Jérusalem, de Paris à Rome ? A travers cet exemple, nous essaierons de montrer que « la musique mesure l'espace à partir du temps[6] » selon la belle expression de Jean-Claude Piguet. Quelles variations connaît cet hymne selon les espaces qu'il traverse pour son intégration sociale ? Notre étude ne s'appesantira donc pas sur l'analyse musicologique du chant en lui-même, mais s'intéressera avant tout à la « mise en espace » et en « société », de la chanson à travers son itinéraire d'Orléans à Jérusalem. 


I- A l'étendard, un lieu de mémoire... ?

II- A l'étendard, dans toute la France ?

III- A l'étendard en guerre...

IV- Hymne national

Bibliographie & table des illustrations


[1] Denis Léon, Jeanne d'Arc medium, Paris, Librairie des Sciences Psychiques, 1910, p. 69

[2] Le chanoine Vié (Escrennes (Loiret) 1849 - Pont-Levoy 1918) est ordonné prêtre en 1872. Licencié es-lettres, il devient professeur au Petit Séminaire d'Orléans puis de la Chapelle Saint Mesmin, dont il devient le supérieur en 1886. En 1906, il est supérieur à Pont-Levoy dans le Loir et Cher avant d'être promu évêque de Monaco en avril 1916.

[3] L'abbé Marcel Laurent (Courtenay 1860-Orléans 1921) est ordonné prêtre en 1887. Il devient maitre de la chapelle de la Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans en 1890. En 1909 il devient chanoine honoraire. Il compose d'autres œuvres en l'honneur de Jeanne d'Arc : la Ballade des dames guerrières, l'Ave Maria de Jeanne d'Arc ou Les voix de Jeanne d'Arc, mais c'est A l'étendard qui le rend célèbre.

[4] Au cours de notre enquête, on l'a par exemple entendu, fredonné par un curé bibliothécaire à Vannes, comme par un trompettiste amateur à Toulouse... On trouve également actuellement, sur internet divers enregistrements libres de ce cantique, pour chœur ou instruments.

[5] Berthelot M. cité par P. M. Brun, « A l'étendard » et ses auteurs », Bulletin de l'Association des Amis du Centre Jeanne d'Arc, n° 4, 1981, p. 31.

[6] Piguet Jean-Claude, « Philosophie et musique, trois approches philosophiques de la musique, la phénoménologie, le pythagorisme et la philosophie du langage », Musique et philosophie, Actes du colloque organisé avec la Sté Bourguignonne de philosophie, (Jean Ferrari dir.), Dijon, Société Bourguignonne de Philosophie et Sté Poitevine de Philosophie, 1985, p. 154.



 

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