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Thématique 1 : Mondes ibériques et latino-américains
Ce n'est pas une thématique, mais une aire géographique et culturelle (très vaste) qui réunit les trois équipes « Al Andalus-Hispaniae » (équipe 6), « LEMSO » (équipe 7) et « Construction des nations » (équipe 8), aire qui reprend, en l'élargissant à l'Amérique de langue espagnole et portugaise, une aire fondatrice du Laboratoire Framespa.
La Péninsule Ibérique et la période du Moyen Âge sont doublement représentées, dans les équipes Al Andalus-Hispaniae et LEMSO.
L'équipe 6 du Framespa, « Al-Andalus-Hispaniae », regroupe plusieurs enseignants chercheurs et doctorants des universités de Toulouse, Pau et Bordeaux travaillant sur la péninsule Ibérique médiévale. En collaboration étroite avec divers collègues catalans et espagnols (universités de Barcelone, Saragosse et Valence) ainsi qu'avec la Casa de Velázquez (Madrid), cette équipe vise à promouvoir l'étude des sociétés hispaniques médiévales (chrétiennes, juives et musulmanes) par le biais d'une approche pluridisciplinaire associant archéologues, historiens et littéraires. Parmi les thèmes de recherche privilégiés de l'équipe figurent l'islamisation, l'Espagne des trois cultures, les faits de peuplement et la question de la frontière. Ces interrogations sont régulièrement abordées dans le cadre de manifestations scientifiques telles que la série Villa, le séminaire d'études ibériques et l'atelier al-Andalus.
L'équipe 7 intitulée « LEMSO » (Littérature Espagnole Médiévale et du Siècle d'Or), équipe de littéraires et de civilisationnistes, réunit des travaux sur la transmission des valeurs, des coutumes, du savoir, et sur la quête des origines, dans la Péninsule Ibérique au Moyen Âge et au Siècle d'Or, à travers la Littérature, la Civilisation, l'Histoire culturelle et l'Histoire des mentalités (Péninsule Ibérique du XIIIe au XVIIe siècle). L'étude de la transmission des valeurs religieuses, des savoirs licites et illicites, des pratiques poétiques (mémoire des rimes), des pratiques d'écriture dramatique (la comedia du Siècle d'Or) des contenus de la sagesse populaire (proverbes, contes oraux), des coutumes et des pouvoirs (textes fondateurs de monastères) s'appuie sur de multiples sources : littérature, chroniques, textes gnomiques, documents d'archives, iconographie marquant ainsi tout l'intérêt qu'une équipe de littéraires peut trouver dans l'environnement d'un laboratoire majoritairement composé d'Historiens. La transmission est envisagée comme transfert de significations plutôt que de contenus, comme passage de messages à travers le temps, et non pas à travers l'espace, comme démarche par laquelle une communauté s'institue et réorganise son passé. Sont abordés aussi les mythes de genèses, les généalogies, les récits étiologiques qui sont autant de formes matricielles prétendant formuler une « réponse » à l'obsédante question des origines que toute culture pose.
L'équipe 8, « La construction des nations : identités et conflits en Amérique latine », constitue le troisième pilier de cette thématique. La crise du modèle d'État-Nation latino-américain, homogénéisateur, né au lendemain des indépendances, est partout sensible dès les années 1980. Sans doute cette crise est-elle à l'origine de l'intérêt accru des sciences sociales pour la réflexion régressive sur la construction de la Nation et des identités nationales en Amérique latine. C'est dans ce contexte que notre équipe, dans la diversité de ses approches pluridisciplinaires, entend opérer une relecture du national. Pour ce faire, quatre axes majeurs ont été retenus.
- « La fabrique des nations en Amérique latine ». Il est bien connu que les identités nationales ne sont pas des faits de nature, mais des constructions. En ce qui concerne ces constructions identitaires en Amérique latine, nous avons privilégié deux aspects. Le premier concerne le rôle passé et présent du catholicisme comme « marqueur » identitaire au sein des républiques qui, pour la plupart et jusqu'à une date récente, se proclamaient officiellement comme des nations catholiques. Le second s'intéresse à la relation entre travail historiographique et construction des identités nationales.
- « Nationalismes, ethnicités et conflits ». Ce volet, qui privilégie l'étude de la phase actuelle de la mondialisation libérale, a choisi d'analyser les revendications identitaires de divers mouvements politico-sociaux -MAS (Bolivie), Piqueteros (Argentine), Pachakutik (Equateur), Ethnocacerisme (Pérou), Mouvement Bolivarien (Venezuela)- etc. En retour, ces revendications et ces conflits, qui contestent un certain type de conception de la Nation, participent à une réélaboration de ses contours.
- « Regards croisés Europe-Amérique latine ». Cet axe privilégie comme source les récits de voyage du XIXe siècle, de nature très variée, comme outil de compréhension des identités nationales. En effet, grâce à eux, peuvent être abordées et reconstruites l'archéologie et les logiques des représentations dont ces récits témoignent et qui ont pu devenir des éléments matriciels de l'identité des jeunes nations. Mais ces sources permettent aussi de comprendre comment les processus de construction des nations aux Amériques renvoient aux voyageurs européens une image d'eux-mêmes qu'ils ne sont pas toujours prêts à assumer.
- « Écrire l'identité ». Il s'agit ici d'aborder la construction des identités latino-américaines par le biais des discours qui se situent aux confins des champs politique et poétique contemporains. Le corpus d'étude s'appuie sur des discours qui, tous, mettent peu à peu en place les conditions de réception sociale et littéraire de modèles d'origines diverses, souvent considérés comme nouveaux, ou, à tout le moins, qui relancent la donne de l'identité.



